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Résumé Jnlf Marseille 2015

Troubles cognitifs dans une population d'arrêts cardio-respiratoires extra-hospitaliers
Louise GROSJEAN (1), Dorothée POULIQUEN (1), Floriane LE GOFF (1), Evangéline BLIAUX (1), Sandrine BIOUX (1), Arnaud SAVOURÉ (2), Olivier MARTINAUD (1)
(1) Neurologie - CHU Charles Nicolle - 76031 - Rouen - France
(2) Cardiologie - CHU Charles Nicolle - 76031 - Rouen - France
Résumé
Introduction

L'arrêt cardio-respiratoire (ACR) est responsable de 50 000 décès par an. Des troubles cognitifs associés sont fréquemment rapportés mais restent peu évalués de façon systématique et exhaustive.

Objectifs

Ils étaient (1) de déterminer la prévalence et la nature des troubles cognitifs après un ACR, (2) d'estimer l'incidence de la durée de low flow (durée de massage cardiaque externe) (3) d'évaluer la récupération cognitive.

Méthodes

Les patients ayant récupéré d'un ACR extra-hospitalier ont été prospectivement inclus dans le service de cardiologie du CHU de Rouen. Etaient évaluées dans le mois et à 3 mois : l'efficience cognitive globale (MMSE), la mémoire épisodique (RL/RI 16 items), la mémoire de travail (MdT), les fonctions exécutives (GREFEX), l'attention (test du D2), les praxies gestuelles (Mahieux) , l'humeur (MADRS). Deux groupes ont été constitués selon la durée de low flow et les résultats analysés à l'aide du Test U de Mann-Whitney.

Résultats

Dix sept patients ont été inclus. Initialement, quatorze patients (82%) présentaient un trouble cognitif dans au moins 2 domaines : mémoire épisodique (76%), fonctions exécutives (47%), attention (35%), MdT (29%) et praxies gestuelles (23%). L'incidence des troubles pour la MdT (p = 0,004) et l'attention (p = 0,03) était significativement plus faible pour le groupe « low flow < 15 minutes » par rapport au groupe « low flow > 15 minutes ». La prévalence des troubles pour les neuf patients revus à 3 mois était de 33,3%.

Discussion

Les troubles cognitifs sont donc fréquents dans le mois qui suit un ACR et persistent dans 1/3 des cas après 3 mois. Deux études (Polanowska, 2014 ; Sauvé, 1996) rapportent une prévalence élevée en phase aigue (respectivement 100 et 72%). Les troubles persistent dans la 1/2 des cas (Sauvé, 1996 ; Van Alem, 2004) à 3 mois. Le low flow serait un facteur pronostique de l'atteinte cognitive, incitant à une prise en charge la plus précoce possible.

Conclusion

La fréquence de l'atteinte cognitive après un ACR extra-hospitalier engage à une évaluation neuropsychologique plus systématique afin de proposer précocement une prise en charge adaptée.

Informations complémentaires


Mots Clés

Cognition
Arrêt cardio-respiratoire
Évaluation
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