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Résumé Jnlf Marseille 2015

Apport du bilan paraclinique systématique dans le diagnostic étiologique du syndrome cliniquement isolé
Bruno SALOMON (1), Romain LEFAUCHEUR (1), Damien FETTER (1), David MALTETE (1), Bertrand BOURRE (1)
(1) Neurologie - Centre Hospitalier Universitaire Charles Nicolles - 76000 - Rouen - France
Résumé
Introduction

Un bilan biologique minimal à la recherche d'un diagnostic différentiel est fréquemment réalisé lors d'un premier épisode démyélinisant évocateur de Sclérose en Plaques (SEP).

Objectifs

L'objectif de notre étude était d'évaluer la rentabilité d'un bilan systématique appliqué à une cohorte de patients présentant
un syndrome cliniquement isolé (SCI).

Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique incluant les patients hospitalisés en Neurologie pour le bilan d'un SCI entre 2003 et 2008. Un bilan dysimmunitaire (anticorps antinucléaires (AAN), anticardiolipines (ACL), anti-SSA et SSB), infectieux (sérologies de Lyme, VIH et Syphilis), et inflammatoire (NFS, VS, CRP) était systématiquement réalisé. Le diagnostic final au terme du suivi, ainsi que les donnés démographiques, cliniques (symptômes auto-immuns), IRM et du LCR ont également été relevés.

Résultats

103 patients ont été analysés (suivi de 7,5 ans). 87(84.5%) patients ont converti en SEP, 10(9.7%) n'ont pas présenté d'autres épisodes et 6(5.8%) avaient un diagnostic autre ou indéterminé. Les AAN étaient positifs chez 23 patients dont 19 SEP (21.8%) et les ACL chez 16 patients dont 15 SEP (17.2%). Dans le groupe SEP et SCI, la présence d'AAN était associée de manière significative à un âge plus faible (p=0,03) et à la présence de symptômes auto-immuns(p=0,01). Les bilans infectieux et inflammatoire étaient négatifs.

Discussion

Notre étude suggère une faible rentabilité d'un bilan sérique systématique, notamment infectieux, appliqué à une cohorte de SCI sans orientation étiologique a priori. Des anomalies du bilan dysimmunitaire sont fréquentes chez les patients SEP mais ne remettent pas en cause le diagnostic lors d'un suivi prolongé. Elles pourraient être un simple marqueur d'une réaction inflammatoire plus générale.

Conclusion

Devant un SCI, un bilan systématique n'est pas pertinent à la recherche de diagnostics différentiels. Sa réalisation pourrait être restreinte aux patients ayant des symptômes auto-immuns, en particulier aux plus jeunes.

Informations complémentaires


Mots Clés

Syndrôme cliniquement isolé
Bilan sérique minimal
Diagnostic différentiel
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