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Résumé Jnlf Strasbourg 2014

VASODILATATION ET MIGRAINE
Gilles GERAUD (Toulouse)
Résumé
Dés l'Antiquité on considérait que les vaisseaux cérébraux étaient à l'origine de la douleur migraineuse. En 1940, Ray et Wolff provoquaient, par stimulation ou distension des vaisseaux cérébraux, une douleur encéphalique localisée, semblable à la douleur migraineuse. L'injection intraveineuse d'ergotamine pendant la crise diminuait les pulsations de l'artère temporale superficielle et calmait la douleur. Les études par Doppler transcrânien ont confirmé l'existence d'une vasodilatation de 9 à 20 % du diamètre de l'artère cérébrale moyenne (ACM) en crise, du coté douloureux.
Le dévelopement de l'angiographie par résonnance magnétique (ARM) a permis de mesurer directement le calibre des artères cérébrales. Deux études ARM récentes, utilisant le même type d'ARM 3-Tesla, ont porté sur des crises de migraine provoquées, l'une par injection intraveineuse de trinitroglycérine (Schoonman et al. 2008), l'autre par injection intraveineuse de CGRP (Asghar et al. 2011) et aboutissent à des résultats contradictoires : pas de vasodilatation pour l'étude hollandaise de Schoonman, une vasodilatation de respectivement 9 % et 11 % pour les artères cérébrale et méningée moyennes dans l'étude danoise de Asghar. Cette différence est probablement due à des raisons techniques, notamment la meilleure résolution due à une taille de pixels plus petite dans l'étude danoise, permettant des mesures plus précises du diamètre des artères.
Il y a donc bien une vasodilatation artèrielle cérébrale et méningée dans les crises de migraine, mais elle est peu importante et ne peut être à elle seule à l'origine de la douleur. L'autre mécanisme en jeu est la sensibilisation du système trigéminovasculaire, provoquée par la libération de substances vasoactives et inflammatoires dans l'espace extracellulaire.
Les triptans ont une double action, vasculaire vasoconstrictrice, par inhibition des récepteurs 5HT1B et neuronale antiinflammatoire, par inhibition des récepteurs 5HT1D. Le Lasmiditan qui a une action neuronale pure, par inhibition des récepteurs 5HT1F, a une action antimigraineuse comparable à celle des triptans, tout en étant dépourvu du moindre effet vasculaire.




Auteur(s) :
GILLES GERAUD (1)
(1) CHU DE TOULOUSE, PÔLE NEUROSCIENCES, 31059, TOULOUSE, FRANCE

Mots Clés

Migraine
Douleur
Vasodilatation
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