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Résumé Jnlf Strasbourg 2014

EST-IL TOUJOURS UTILE DE FAIRE UNE PONCTION LOMBAIRE LORS D'UNE SUSPICION DE SCLEROSE EN PLAQUES ? NON
Jean PELLETIER (Marseille)
Résumé
En l’absence d’outil spécifique actuellement disponible pour poser le diagnostic de sclérose en plaques (SEP), le recours à la ponction lombaire reste débattu. Si les contraintes d’une prise en charge thérapeutique précoce de la maladie imposent que le diagnostic de certitude soit posé sans retard, plusieurs arguments peuvent être mis en avant pour affirmer que l’étude immunologique du liquide céphalorachidien n’est pas utile au diagnostic de SEP et ne doit donc pas être réalisée de façon systématique.
Le premier réside dans la plus grande sensibilité de l’IRM qui reste l’examen nécessaire et suffisant pour établir le diagnostic (critères de MacDonald 2010) en permettant de valider dans la très grande majorité des cas les critères de dissémination dans le temps et dans l’espace lors du premier évènement démyélinisant clinique, y compris dans le cadre des formes progressives primaires de la SEP.
Le deuxième repose sur le caractère non spécifique de la mise en évidence d’une oligoclonalité du LCR qui peut être rencontrée dans d’autres affections, notamment infectieuses et inflammatoires systémiques.
Le troisième est représenté par l’absence de valeur ajoutée d’un point de vue du pronostic individuel par la mise en évidence d’une oligoclonalité du LCR.
Par ailleurs, le caractère à la fois traumatique de cet examen (nécessitant une hospitalisation) responsable de potentielles complications et l’obligation qu’il soit réalisé dans un centre performant (permettant d’effectuer une analyse de qualité) doivent être pris en compte.
Enfin, le coût engendré par la pratique de la ponction lombaire apparait très nettement excessive par rapport au bénéfice attendu concernant l’aide au diagnostic.
Ainsi, la réalisation systématique de la ponction lombaire ne doit pas être recommandée puisqu’elle n’apporte pas d’arguments supplémentaires d’un point de vue du diagnostic, qu’elle ne modifie pas la mise en route du traitement et qu’elle alourdie la prise en charge du patient, tant d’un point de vue des coûts, que des risques et de l’impact psychologique.


Auteur(s) :
JEAN PELLETIER (1)
(1) POLE DE NEUROSCIENCES CLINIQUES - SERVICE DE NEUROLOGIE & CRMBM CNRS7339 - CHU TIMONE - 13385 MARSEILLE CEDEX 5 - APHM-AIX MARSEILLE UNIVERSITE - FRANCE

Mots Clés

Sclérose en plaques
Ponction lombaire

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