JNLF
Envoyer
 
imprimer

Résumé JNLF Lyon 2010

Psychopathologie de la sclérose en plaques (SEP) : influence de la perception de la maladie sur les troubles de l'humeur et des émotions
Sandra Roy-Bellina (1), Guillaume Benes (1), William Camu (1), Bertrand Carlander (1), Eric Thouvenot (1), Nicolas Landragin (1), Marie-Christine Gély-Nargeot (1)
(1) Montpellier
Résumé

Quand l'avenir devient incertain, et que l'entourage est peu présent et compréhensif, les patients perçoivent souvent leur maladie de manière négative et présentent des troubles de l'humeur et des émotions.


Cette étude vise à mettre en évidence les liens qui existent entre les troubles de l'humeur, les manifestations émotionnelles et la perception de la maladie en fonction de son évolution.


32 patients SEP, 26 femmes et 6 hommes, âgés de 16 à 62 ans (âge moyen = 40 ans ± 12.5), avec un score EDSS moyen de 3.54 (± 2.23), étaient évalués avec 5 questionnaires qui appréhendaient : la perception de la maladie (IPQ-R), la symptomatologie anxieuse (HAMA) et dépressive (BDI), ainsi que les troubles émotionnels, tels que l'alexithymie (TAS-20) et l'apathie (IA). Les patients déments étaient exclus de l'étude (MMSE > 24).


On observait une corrélation entre "le nombre de symptômes liés à la maladie" et les troubles de l'humeur (r=-0.39, p=0.02; r=0.59, p=0.0004), ainsi qu'avec l’alexithymie (r=-0.36, p=0.04). Il existait une corrélation entre "les conséquences de la maladie" et la dépression (r=0.37, p=0.03). Une corrélation négative était notée entre "le caractère cohérent de la maladie", l'apathie (r=-0.35, p=0.04) et la perte d'initiative (r=-0.37, p=0.03). "L'aspect cyclique" était corrélé avec l'alexithymie (r=0.49, p=0.004) et l'apathie (r=0.36, p=0.04).


Plus les patients associent de signes à leur maladie plus ils présentent une tendance dépressive, anxieuse et alexithymique. Par ailleurs, plus la perception de la maladie est incohérente, plus les patients sont apathiques. L'imprévisibilité de l'évolution des épisodes de poussées et de rémission entraînent une perte d'initiative, un manque d'intérêt général, avec pour conséquence un isolement progressif des patients.


La perception de la maladie joue un rôle de médiateur sur les troubles de l'humeur et des émotions. Mieux informer, peut contribuer à l'amélioration de l'équilibre thymique et émotionnel des patients.




Mots Clés

Anxiété
Dépression
Journées de Neurologie de Langue Française - 52 avenue des Vosges - 67000 Strasbourg