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Résumé JNLF Lyon 2010

Débit de parole dans les dysarthries de la maladie de Wilson - Etude de l'influence des troubles attentionnels et dysexécutifs en condition de double tâche
Michaela Pernon (1), Jean-Marc Trocello (1), Jacqueline Vaissière (1), Cécile Fougeron (1), Catherine Cousin (1), Pascal Rémy (1), France Woimant (1)
(1) Paris
Résumé
Introduction

Les dysarthries figurent parmi les premiers signes neurologiques de la maladie de Wilson. L’influence des déficits cognitifs sur le débit de parole n’a pas été étudiée dans cette pathologie.

Objectifs

Il s’agit d’analyser les capacités de contrôle du débit de parole des patients wilsoniens et l’influence des troubles attentionnels et dysexécutifs en condition de double tâche, en fonction de la présentation neurologique.

Méthodes

Dix-sept patients, répartis en fonction de leur présentation neurologique prédominante (4 patients ataxiques, 5 patients akinéto-rigides, 8 patients dystoniques) et leurs sujets contrôles (N = 34) répétèrent, en condition isolée, une phrase durant 20 secondes, à 3 débits de parole différents (normal, rapide, lent). Dans le cadre d’un paradigme de double tâche, la même phrase fut répétée à débit de parole normal durant 20 secondes, simultanément à la réalisation de trois épreuves attentionnelles et exécutives.

Résultats

L’ensemble des patients présentaient un débit de parole plus lent que leurs sujets contrôles et des capacités de ralentissement perturbées. Les patients ataxiques produisaient le débit de parole le plus lent, les dystoniques le plus rapide. Les patients akinéto-rigides et ataxiques présentaient des capacités d’accélération altérées. En double tâche, les sujets contrôles et dystoniques accéléraient significativement leur débit de parole ; les patients akinéto-rigides et ataxiques le ralentissaient non-significativement.

Discussion

Le débit de parole et l’influence des épreuves de double tâche nous permet de distinguer différents profils de dysarthries chez les patients wilsoniens. Le ralentissement des patients ataxiques et akinéto-rigides s’explique par le phénomène de « capacity sharing » (moindre performance pour 2 tâches simultanées) ; l’accélération des sujets contrôles et dystoniques par un effet d’attracteur de la vitesse adoptée lors des épreuves attentionnelles.

Conclusion

Cette étude nous laisse envisager l’intégration des aspects : modulation du débit de parole et condition de double tâche dans le cadre de l’évaluation clinique de la dysarthrie et des stratégies rééducatives orthophoniques.



Mots Clés

Dysarthrie
Attention
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