JNLF
Envoyer
 
imprimer

Résumé JNLF Lyon 2010

Trouble cognitif léger et démence dans le syndrome de Gougerot-Sjögren
Frédéric Blanc (1), Nadine Longato (1), Barbara Jung (1), Catherine Kleitz (1), Laure Di Bitonto (1), Benjamin Cretin (1), Jérôme de Seze (1)
(1) Strasbourg
Résumé
Introduction

Le syndrome de Gougerot-Sjögren primitif (SGS) est une pathologie autoimmune systémique. Les troubles cognitifs sont observés chez 10 à 50% des cas. Cependant le pattern cognitif de ces patients est mal connu.

Objectifs

Le but de cette étude est d'explorer des patients SGS avec plainte cognitive. L'intensité des plaintes cognitives est ensuite comparée à l'intensité de la charge lésionnelle.

Méthodes

Dix-neuf patients (âge moyen de 55 ans, 29-73, dont 16 femmes) avec SGS et plaintes cognitives ont été inclus de façon prospective. Les patients ont été testés avec la BcCog-SEP (14 tests). Les résultats ont été comparés aux normes de chaque test et aux résultats de 19 patients atteints de sclérose en plaques (SEP) appariés en âge, sexe et niveau socio-éducatif. Les lésions de la substance blanche ont été évaluées selon le score de Scheltens (2006) et corrélées au niveau cognitif.

Résultats

Onze patients sur dix-neuf (58%) avaient un trouble cognitif contre 14/19 patients SEP (74%). Six patients SGS avaient un trouble cognitif isolé. Quatre patients avaient une démence. Il n'existait pas de différence significative entre les deux groupes. Il existait une prédominance des troubles cognitifs pour la vitesse de traitement, la mémoire verbale, la mémoire de travail, et la mémoire immédiate. L'intensité des troubles cognitifs était corrélée à la charge lésionnelle en IRM (p=0,016).

Discussion

Plus de la moitié des SGS avec plainte cognitive ont d'authentiques troubles cognitifs. Le SGS peut s'exprimer de façon isolée sous la forme d'un trouble cognitif léger (32%). Il peut aussi prendre la forme d'une démence (21%) -volontiers associée à une myélite. Le syndrome sous-cortico-frontal est le pattern cognitif habituel. Il n'existe pas de différence de pattern neuropsychologique des troubles entre les patients SGS et SEP.

Conclusion

Devant toute femme en péri-ménopause avec plainte cognitive et syndrome sous-cortico-frontal objectivé (léger ou même sous la forme d'une démence), il convient de suspecter un SGS. Cette étude reste à confirmer par d'autres.

Informations complémentaires
Merci à nos collègues ineurologues et rhumatologues pour leur collaboration.

Mots Clés

Neuropsychologie
Gougerot-Sjögren (Syndrome de )
Journées de Neurologie de Langue Française - 52 avenue des Vosges - 67000 Strasbourg