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Résumé JNLF Lyon 2010

Méningo-encéphalites aiguës mimant un AVC : comment ne pas les thrombolyser ?
Gilles Rodier (1), Wilfried Vadot (1), Elisabeth Saligari (1), Cécile Maugras (1), Pierric Giraud (1), Jean-Henri Ruel (1)
(1) Pringy
Résumé
Introduction

Dans le cadre de l’urgence neuro-vasculaire, nous rencontrons des pathologies mimant un AVC et inclus dans une procédure de thrombolyse. Nous rapportons 3 cas de méningo-encéphalite diagnostiquée dans ce contexte.

Observation
Trois patients âgés respectivement de 83, 82 et 18 ans, ont présenté un déficit neurologique brutal et ont été admis dans un délai inférieur à 3 heures pour indication éventuelle d’un traitement thrombolytique. Les caractéristiques cliniques et biologiques initiales étaient les suivantes : antécédents migraineux (1patient/3), crise épileptique partielle inaugurale (1/3), fièvre (0/3) ; céphalées inhabituelles (2/3), syndrome méningé (0/3), confusion (2/3), hémi-anopsie latérale homonyme (3/3), hémiparésie ou hémiplégie (2/3), aphasie (2/3), dysautonomie avec instabilité tensionnelle (1/3); hyperleucocytose (0/3) , CRP supérieure à 20 mg/l (0/3),. Les 3 patients ont eu un scanner cérébral avec injection qui s’est révélé normal ou non informatif; aucun n’a eu d’IRM en 1ère intention.Les patients n'ont pas été thrombolysés pour les raisons suivantes:hypertension et hyperglycémie incontrolables pour l'un, anamnèse incertaine pour l'autre et diagnostic initial de migraine avec aura prolongée pour le troisième. Les 2 patients ont présenté une hyperthermie dans les heures qui ont suivies. La ponction lombaire a permis le diagnostic de méningo-encéphalite virale pour 2 patients et de méningo-encéphalite à Borrélia Burdorferi pour le dernier.

Discussion

Dans un contexte d’urgence, il est parfois difficile de différencier un AVC d’une autre pathologie. L’aphasie et la confusion, l’absence de témoin rendent la reconstitution de l’anamnèse difficile. Les signes généraux comme l’hyperthermie ou les signes biologiques peuvent manquer dans les formes "hyper- aiguës" d’encéphalite. L’IRM, lorsqu’elle est techniquement réalisable, constitue l’examen de choix pour éliminer les diagnostics différentiels.

Conclusion

Les méningo-encéphalites peuvent se manifester comme des pseudo-AVC. La qualité de l’anamnèse et la réalisation de l’IRM en première intention peuvent redresser le diagnostic et éviter un traitement thrombolytique injustifié.



Mots Clés

Accident vasculaire cérébral
Non renseigné
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