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Résumé JNLF Lyon 2010

Pronostic à moyen terme des patients âgés de 80 ans et plus ayant présenté un accident vasculaire cérébral
Frédéric Dumont (1), Matthieu Pierre Rutgers (1), Catherine Lefebvre (1), Els Janssens (1), Didier Leys (1), Hilde Hénon (1)
(1) Lille
Résumé
Introduction

La proportion de sujets de plus de 80 ans va s’accroître dans les unités neurovasculaires. Néanmoins, les facteurs influençant leur pronostic vital et fonctionnel à moyen terme sont mal connus.

Objectifs

Déterminer les facteurs influençant le pronostic vital et fonctionnel à 6 mois d'une population de patients âgés de 80 ans et plus ayant présenté un accident vasculaire cérébral (AVC).

Méthodes

300 patients âgés de 80 ans et plus admis consécutivement en neurologie au CHRU de Lille pour un AVC ont été inclus. Ont été colligés prospectivement: données démographiques; antécédents médicaux; facteurs de risque vasculaire; NIHSS initial (AVC sévère si score NIHSS =6); état fonctionnel antérieur (indépendant si Rankin =2); état cognitif antérieur (dément si IQCODE =4); étiologie de l’AVC selon les critères TOAST. A 6 mois, on calculait la mortalité et évaluait l'état fonctionnel des survivants.

Résultats

A 6 mois, la mortalité était de 30%, ses facteurs prédictifs étant l'antécédent de fibrillation auriculaire (OR 2.5, IC95% 1.3-4.8); le fait d'avoir présenté un AVC sévère (OR 9; IC95% 4.5-18.4); et l'existence d'une démence pré-AVC (OR 2.4; IC95% 1.2-4.9). Trois patients ont été perdus de vue. Des 208 restant, 61% étaient indépendants, les facteurs prédictifs associés étant le fait d'avoir présenté un AVC sévère (OR 0.1; IC95% 0.06-0.20) et l'existence d'une démence pré-AVC (OR=0.1; IC95% 0.06-0.27).

Discussion

Les principaux facteurs pronostiques à moyen terme chez ces patients très âgés sont la gravité initiale de l’AVC et l'existence d'une démence pré-AVC. Concernant la gravité initiale, la seule possibilité thérapeutique est la thrombolyse, dont l'âge supérieur à 80 ans n'est pas une contre-indication mais une précaution d'emploi. Concernant la démence, elle peut modifier le traitement à la sortie, mais également son observance.

Conclusion

Ces données confirment l'impact de la sévérité initiale et montrent l'influence négative de la démence pré-AVC sur le pronostic à moyen terme des patients de 80 ans et plus ayant présenté un AVC.

Mots Clés

Infarctus cérébral
Hémorragie cérébrale
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