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Résumé JNLF Lyon 2010

La polyneuropathie associée a l’infection au VIH à hôpital central de Yaoundé (CAMEROUN) : une étude cas temoins
Callixte Kuate Tegueu (1), Julius Fonsah Yundze (1), Yannick Fogang Fogoum (1), Thomas Ngonde (1), Basile Kollo (1), Walinjom Muna (1), Alfred Njamnshi Kongnyu (1)
(1) Douala
Résumé
Introduction

La polyneuropathie est une complication fréquente du VIH, survenant à un stade avancé de la maladie. C'est un problème de santé publique. La prévalence de cette pathologie est largement méconnue en Afrique sub-saharienne.

Objectifs

Notre objectif est de déterminer la prévalence et les facteurs de risque associés à la polyneuropathie au Cameroun.

Méthodes

Une étude cas-témoins a été réalisée à l’Hôpital Central de Yaoundé, dans un service de référence dans la prise en charge du VIH au Cameroun. Les patients séropositifs au VIH et consentants (n = 202) ont été recrutés de mars 2008 à avril 2009 ainsi que des témoins séronégatifs appariés selon l’âge et le sexe. Le diagnostic de polyneuropathie était retenu devant une baisse de la sensibilité tactile et vibratoire bilatérale au gros orteil et à la cheville ainsi qu’une diminution ou abolition du réflexe Achilléen.

Résultats

L’âge moyen de nos sujets séropositifs était de 39,2±7,6 ans et de 38,9±7,7 ans pour les témoins. La prévalence de la polyneuropathie était de 40,6% chez les sujets VIH positifs et seulement de 4,6% chez les sujets séronégatifs. 20,7% des sujets VIH positifs présentaient au moins un signe de polyneuropathie. Les facteurs de risque de polyneuropathie dans notre étude étaient : un taux de CD4< 200/µl (p = 0,0006), un traitement par la Stavudine (p = 0,042) et un Index de Masse Corporel < 28 kg/m2 (p = 0,045).

Discussion

40,6% des patients VIH positifs ont une polyneuropathie dont 20,7 % asymptomatiques. Smyth et al (2006) en Australie avec 42% rapportent des résultats similaires, mais 3 études réalisées aux USA rapportent des taux plus élevés soit respectivement 53%, 55% et 57% (Schifito et al, 2002 : Morgello et al, 2004 : Cherry et al, 2006). Contrairement à ce qui est rapporté par Morgello et al. (2004), le sexe masculin n’est pas un facteur de risque.

Conclusion

La prévalence de la polyneuropathie chez les patients VIH-positifs est de 40,6%. Les facteurs de risque les plus retrouvés dans notre étude sont un taux de CD4 bas, un IMC bas et une exposition à la Stavudine.



Mots Clés

Sida
Neuropathie toxique
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