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Résumé JNLF Lyon 2010

A propos d’un cas de méningoradiculite carcinomateuse isolée d’évolution favorable
Isabelle Lambert (1), Jérome Franques (1), Djamal Hadjadj Aoul (1), Anthony Faivre (1), Jean Pouget (1)
(1) Marseille
Résumé
Introduction

La méningoradiculite carcinomateuse est une localisation secondaire rare et s’intègre souvent à un tableau polymétastatique. Le pronostic est sombre avec une médiane de survie de quelques mois sous chimiothérapie.

Observation
Une patiente âgée de 75 ans présenta fin 2007 un déficit sensitivo-moteur des quatre membres, d’aggravation progressive. La patiente présentait un antécédent d’adénocarcinome canalaire du sein traité par chirurgie, radio-chimiothérapie et hormonothérapie, en rémission depuis 2004. L’examen clinique retrouvait une aréflexie tendineuse des membres inférieurs, une anesthésie en selle, un déficit sensitivo-moteur sévère prédominant aux membres inférieurs. L’étude des vitesses de conduction motrice et sensitive était normale. L’examen de détection objectivait des tracés neurogènes chroniques modérés aux membres inférieurs. L’étude du liquide céphalo-rachidien (LCR) mit en évidence une hyperprotéinorachie à 2,6 g/l, 35 éléments/ mm3 et des cellules tumorales d’origine mammaire probable. L’IRM du rachis retrouvait un rehaussement pie-mérien significatif en regard du cône médullaire et des racines de la queue de cheval, sans rehaussement évocateur d’épidurite. Aucun hypermétabolisme pathologique n’était visible au pet-scanner. Un traitement par chimiothérapie et hormonothérapie permit une amélioration clinique majeure, une régression des anomalies du LCR et du rehaussement visible en IRM. Les pet-scanners restèrent normaux après 2 ans de suivi.

Discussion

Le cas de cette patiente souligne plusieurs éléments remarquables : 1) La méningoradiculite comme unique localisation secondaire d’un cancer du sein (tropisme tissulaire particulier ?). 2) L’amélioration clinique et la survie inhabituelle chez cette patiente.

L’hypothèse de micrométastases quiescentes a été évoquée pour ce cas considérant l’absence de récidive locale et le délai d’apparition de la méningoradiculite.



Conclusion

La méningoradiculite carcinomateuse peut constituer l’unique manifestation d’une reprise néoplasique. L’absence d’autres sites métastatiques modifie le pronostic et doit pousser à une prise en charge thérapeutique intensive.



Mots Clés

Cancer
Ponction lombaire
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