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Résumé JNLF Lyon 2010

Mutation hétérozygote composite du gène SPG 11 : à propos d'un cas
Ahmed Kallel (1), Ségolène Billot (1), Irène Coman (1), Olivier Bailon (1), Catherine Belin (1), Amir Boukhris (1), Antoine Carpentier (1)
(1) Bobigny
Résumé
Introduction

Les paraplégies spastiques familiales (PSF) sont des affections génétiques rares. A ce jour, plus de 45 locus ont été identifiés.

Observation
Nous rapportons l’observation d’un patient âgé de 38 ans présentant une paraparésie spastique et des troubles cognitifs. Il était issu d’un mariage non consanguin, la famille est non-informative. Les troubles de la marche ont débuté à l’âge de 16 ans et se sont aggravés progressivement vers un état grabataire à l’âge de 33 ans. L’examen neurologique montrait une paraplégie spastique avec des troubles proprioceptifs discrets, dysarthrie cérébelleuse. Le bilan neuropsychologique retrouvait une atteinte cognitive prédominant sur les fonctions exécutives, la MoCA=25/30. L’IRM cérébrale montrait une atrophie importante du corps calleux (ACC) avec des hypersignaux T2 et FLAIR de la substance blanche périventriculaire (HSB). Après l’exclusion des autres causes de paraplégie spastique, le diagnostic retenu était celui d’une paraplégie spastique familiale (maladie de Strümpell-Lorrain) dans sa forme autosomique récessive complexe associant une détérioration mentale, syndrome cérébelleux, ACC et des HSB. L’analyse moléculaire du gène SPG4 n’a pas retrouvé d’anomalie. Le séquençage direct de la région codante du gène SPG11/KIAA1840 a mis en évidence la présence d’une mutation hétérozygote composite (c.2834+1G>T et c5866_5866+4delAGTAA) sur le gène SPG11.

Discussion

La paraplégie spastique type 11 est la forme la plus fréquente de PSF récessive. Son phénotype clinique associe un début précoce, un handicap sévère, une atteinte mentale, une poly neuropathie et une ACC. Les mutations homozygotes sont les plus fréquentes et s’observent le plus souvent dans les pays où les mariages consanguins sont fréquents. En Europe, la consanguinité est rare ce qui explique la possibilité de mutations hétérozygotes composites

Conclusion

Une mutation du SPG11 est à rechercher devant une paraparésie spastique avec troubles cognitifs et ACC; ce phénotype peut être dû à des mutations hétérozygotes composites, surtout dans des populations à faible consanguinité.



Mots Clés

Paraplégie
Génétique
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