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Résumé JNLF Lyon 2010

L’anxiété comme possible critère diagnostic dans l’aphasie progressive primaire logopénique (APPL) et amnésie progressive pure (AmnPP)
Eloi Magnin (1), Sabrina Ferreira (1), Geraldine Vanholsbeeck (1), Elfriede Dariel (1), Ilham Ryff (1), Pierre Vandel (1), Jean Galmiche (1)
(1)
Résumé
Introduction

Dans les démences, l’anxiété retarde le diagnostic ou est considérée comme réactionnelle aux troubles contrairement à l’apathie reconnue d’origine organique. Elle est un symptôme précoce de certains types de démences.

Objectifs

L’objectif est d’étudier la fréquence de l’anxiété comme symptôme initial dans les aphasies progressives primaires logopéniques (APPL) et les amnésies progressives pures (AmnPP) et leurs corrélations neuro-anatomiques.

Méthodes

Nous avons étudié les symptômes initiaux chez tous les sujets atteints d’aphasie progressive primaire classées selon leur type (agrammatique, sémantique, logopénique) ou d’AmnPP diagnostiqués depuis 2006 dans notre CMRR. Tous ont eu un examen neurologique, neuropsychologique, orthophonique et psychiatrique ainsi qu’une IRM et/ou un SPECT.



Résultats

Une anxiété initiale existait chez tous (5/5) les AmnPP (70.2 ans [66-78], MMSE moyen 23.6 [21-28]) et chez 12/20 aphasies progressives primaires toutes des APPL (12/13 APPL, 70.7 ans [52-89], MMSE moyen 21.4 [14 29]).

Les APPL avaient des atrophies pariétales (11), et insulaires (7/11), ainsi qu’un hypométabolisme pariétal (10/10), hippocampique (9/10) et insulaire (4/10). Les AmnPP avaient des atrophies hippocampiques (3) et bipariétales (3) ainsi qu’un hypométabolisme hippocampique (3/3) et pariétal (2/3).



Discussion

L’anxiété est un symptôme fréquent des APPL et AmnPP. Deux hypothèses expliquent une perturbation du réseau neuronal de l’anxiété (amygdale, cortex orbitofrontal, insula). Le réseau est atteint, soit par contigüité anatomique, avec des lésions directes des ses structures (insula, amygdale), soit par dysconnexion/dysfonctionnement du couple cortex pariétal / hippocampe régulant l’amygdale, le cortex orbito-frontal et l’insula.

Conclusion

Si l’association entre anxiété et APPL et AmnPP est confirmée, elle pourrait en être un des critères diagnostiques. Connaître ses mécanismes apportera une meilleure compréhension de l’anxiété « neurodégénératives ».



Mots Clés

Atrophie lobaire
Démences
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