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Résumé JNLF Lyon 2010

EMG : comment ne pas répondre neuromyogène ?
Emilien Delmont (1)
(1) Nice
Résumé

L’électromyogramme est un examen clef du diagnostic des maladies neuromusculaires. Cependant, l’examen de détection ne permet pas parfois de distinguer un tracé myogène d’un tracé neurogène. On pourrait alors conclure « tracé neuromyogène », ce qui reste décevant et ne répond pas aux attentes de l’examen.

Les différentes techniques de l’examen de détection doivent permettre de différencier un processus myopathique d’une atteinte neuropathique.

La recherche d’activité électrique pathologique doit être minutieuse au repos et à l’insertion de l’aiguille. Les anomalies sont soit peu spécifiques, comme les potentiels de fibrillation, soit évocatrices d’une étiologie précise, comme pour les myotonies retrouvées dans les atteintes primaires ou secondaires des canaux chlore et sodium de la membrane plasmatique.

La richesse, l’amplitude et le recrutement des potentiels d’unité motrice (PUM) sont analysés pendant une contraction musculaire volontaire maximale. Des tracés simple accéléré sont d’origine neuropathique alors qu’une réduction du nombre de fibres musculaires fonctionnelles avec recrutement spatial excessif traduit un processus myopathique.

Ces données classiques ne sont pas toujours évidentes dans des neuropathies avec atteinte distale, dans les maladies de la jonction neuromusculaire ou dans certaines myopathies.

En effet, un processus chronique neuropathique ou myopathique peut se traduire à l’examen de détection par l’association de PUM polyphasiques microvoltés et de PUM de taille augmentée par le bourgeonnement collatérale des axones terminaux.

Des techniques utilisables en routine, permettent alors de préciser le mécanisme physiopathologique : rapport turn/amplitude, isolement des PUM. Il faut analyser l’amplitude, la durée et la forme des PUM. Les processus myopathiques donnent des PUM brefs, microvoltés et indentés et les processus neuropathiques des PUM polyphasiques de durée allongée et/ou de taille augmentée.

L’interprétation de l’EMG nécessite un œil et une oreille entraînés. Dans certaines situations cette expertise pourra être prise en défaut. Il faudra alors se reposer sur le contexte clinique pour conclure l’examen.

Mots Clés

Myopathie mitochondriale
Neuropathies (autres)
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