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Résumé JNLF Lyon 2010

Trypanosomoses humaines d’importation
François Chappuis (1)
(1) Genève
Résumé

La trypanosomiase humain africaine (THA), ou maladie du sommeil, est une protozoose extra-cellulaire transmise par des glossines (mouches tsétsé) en Afrique sub-saharienne. Il existe deux formes: la THA à Trypanosoma brucei (T.b.) gambiense, endémique en Afrique de l’ouest et centrale et la THA à T. b. rhodesiense, présente en Afrique de l’est et australe. La maladie évolue du stade I (hémato-lymphatique) au stade II (neurologique), caractérisé par l’invasion parasitaire du système nerveux central. L’évolution est généralement fatale en l’absence de traitement.

La THA à T. b. gambiense évolue sur une ou plusieurs années ; l’incubation est longue et les symptômes initiaux non-spécifiques (ex : fièvre intermittente). La présentation clinique au stade neurologique est très variable : troubles du sommeil, tremblements, syndromes moteur ou cérebelleux, troubles psychiatriques (ex : psychose) ou de l’état de conscience. La THA à T. b. rhodesiense est par contre une maladie fébrile aiguë caractérisée par une incubation courte (<3 semaines) et une évolution rapide vers des troubles cardiaques ou neurologiques fatals.

Les trypanosomes humaines importées en Europe sont rares mais doivent être suspectées chez tout patient ayant séjourné en Afrique et présentant un état fébrile aigu, persistent ou intermittent, un syndrome inflammatoire et un syndrome neurologique ou psychiatrique. La THA à T. b. gambiense est généralement diagnostiquée chez des migrants après parfois plusieurs années de résidence en Europe. Le dépistage est sérologique (ex : IF) avec confirmation du diagnostic par une recherche de parasites dans le sang, ganglion lymphatique ou LCR. La THA à T. b. rhodesiense est plus fréquemment diagnostiquée en Europe, notamment chez des voyageurs de retour de safari en Afrique de l’est (ex : parc du Serengeti, Tanzanie). Le dépistage et diagnostic de confirmation sont basés sur la recherche de parasites dans le sang. Les deux formes de THA sont traitables.

En conclusion, la THA doit être suspectée chez tout patient ayant séjourné en zone endémique et présentant un syndrome neuro-psychiatrique associé à un état fébrile et/ou inflammatoire.

Mots Clés

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